Opérateur réseau alternatif

Gitoyen se transforme

Depuis 2001, l’année de sa création, Gitoyen a relativement peu évolué. Il y a six mois, une équipe s’est constituée pour réfléchir à l’avenir de Gitoyen. Après une phase de diagnostic permettant d’écarter la dissolution pure et simple comme solution à tous nos problèmes, un consensus s’est rapidement formé autour de la nécessité de changer de forme juridique pour passer d’un groupement d’intérêt économique (GIE) à une association, lançant ainsi le processus de refondation de Gitoyen.

État des lieux

Dans le GIE actuel, la situation administrative est sans doute le point le plus bloqué. Ainsi depuis plusieurs années le GIE est dans une situation administrative bancale du fait de la non-actualisation de certaines données auprès de l’administration (particulièrement l’adresse du siège social). Cette situation bloque des actions essentielles pour faire vivre la structure, comme l’adhésion de nouveaux membres et la réception à l’heure des courriers que nous adressent nos fournisseurs et les différents services administratifs.

La partie technique a, elle, depuis longtemps évolué positivement dans le sens d’une plus grande stabilité des services et d’une plus grande facilité d’intégration des nouveaux venus dans l’équipe technique. Gitoyen a longtemps fonctionné sur l’énergie d’un ou deux contributeurs principaux, parfois directement salariés par un des adhérents pour effectuer ce travail dans Gitoyen. Depuis 2006 une équipe technique plus nombreuse (au moins trois personnes en permanence) s’est organisée et se renouvelle régulièrement. La dernière grande évolution technique a eu lieu en 2008 avec la migration des routeurs sur une plateforme NanoBSD. La stabilité du réseau s’est alors beaucoup améliorée. Il n’y a pas eu d’autres modifications majeures de la plateforme depuis cette date, par manque de temps des bénévoles et aussi souvent par manque de consensus sur les actions à réaliser.

Aujourd’hui, la manière dont sont prises les décisions dans le GIE n’a pas changé depuis sa fondation. C’est, pour résumer, toujours le plus petit dénominateur commun entre les membres qui s’impose. C’est une bonne chose pour les adhérents qui s’assurent ainsi que la structure commune ne fera pas plus que ce dont ils ont besoin et ne les engagera pas sans leur consentement (les membres d’un GIE sont responsables sans limite de ses dettes), ç’en est une mauvaise pour la structure qui doit à chaque évolution chercher un consensus parmi tous ses membres. L’absence de légitimité propre à Gitoyen est rarement totalement bloquante mais elle ralentit toutes les décisions.

Financièrement le GIE fonctionne sur le modèle d’une centrale d’achat où chaque membre paye, au prorata de son usage, une part des services achetés. Ce mode de fonctionnement induit un décalage entre le payement du service au fournisseur et la refacturation du service aux membres (de trois mois maximum) ; par ailleurs certains fournisseurs nous facturent d’avance, tous les trimestres ou annuellement ce qui augmente encore ce besoin de trésorerie. Depuis dix ans aucune solution fiable n’a été trouvée pour que le GIE puisse payer ses fournisseurs à l’heure. Ce mode de fonctionnement et les problèmes associés signifient aussi que le GIE n’est pas capable d’investir dans du matériel sans un décalage de plusieurs mois entre l’expression du besoin et l’achat effectif et que dans le cas d’une défaillance matérielle il faut à chaque fois recourir à une avance de la part d’un des membres pour remplacer l’élément en panne.

Les problèmes structurels du GIE rendent son fonctionnement lent. Pour certains cet immobilisme est lié aux personnes qui l’animent, nous pensons au contraire que ce problème est structurel et qu’une transformation globale des modes de fonctionnement de Gitoyen permettra de le désengourdir et d’en faire une structure plus souple et qui correspondra mieux aux besoins de ses membres.

Nouveaux besoins

Nous avons recensé les différentes activités de Gitoyen et avons démarré la constitution d’un catalogue de service associé un modèle économique qui nous a permis de confirmer que la structure était viable financièrement et qu’il était possible de proposer ses services à des prix acceptables aussi bien pour de très petites association que pour des associations plus grosses ou des entreprises.

L’activité de LIR (fourniture d’adresses IP et de numéros d’AS) qui n’avait pas été pensée comme une activité autonome à la fondation de Gitoyen est maintenant une part significative de notre activité. Dans le GIE actuel cette activité repose sur des bases bancales, en contradiction avec les principes de fonctionnement sur le mode de la redistribution des coûts. Nous avons prévu d’en faire un des services de l’association, sans le lier avec les activités de fournitures de connectivité et d’hébergement, afin de permettre à ceux qui le souhaiteraient de ne bénéficier que de ce service auprès de Gitoyen.

Nouveaux membres

Depuis la fondation de Gitoyen, le nombre de structures susceptibles de s’associer a complètement changé, Le nombre d’association et de petites structures ayant besoin de relier leur réseau à Internet via une structure possédant l’indépendance de Gitoyen est beaucoup plus important aujourd’hui, cependant ces nouveaux membres potentiels sont plus petits et ont besoin des services de Gitoyen beaucoup plus tôt dans leur développement. D’autre part nous n’avons pu, essentiellement pour des raisons administratives, intégrer de nouveaux membres depuis plusieurs années. Le passage à une forme associative devrait lever ces obstacles et permettre ainsi d’accueillir plus facilement de nouvelles structures dans Gitoyen. Par ailleurs l’abandon de la forme juridique GIE supprime la responsabilité illimitée des membres pour toutes les dettes contractées, ce qui allégera le poids de la décision d’adhésion aussi bien pour les nouveaux adhérents que pour les adhérents actuels.

L’association a donc été créée courant juillet et tous les outils et documents nécessaire à son fonctionnement sont en place ou le seront dans les prochaines semaines. Certains domaines n’ont par contre pas encore étés abordés (comme le site web, par exemple), mais tous les éléments nécessaires au fonctionnement d’un opérateur réseau sont définis ou en phase de finalisation.

La nouvelle structure permettra aussi bien aux personnes physiques qu’aux personnes morales intéressées de s’associer au projet.

Depuis sa fondation Gitoyen a servi à former des bénévoles aux spécificités de l’administration d’un opérateur réseau sur Internet. Le rôle de formation de Gitoyen a évidemment vocation à continuer et permettra aux structures qui en auront besoin de se détacher de Gitoyen et d’opérer leur propre réseau.

Un vrai statut pour les bénévoles

L’adhésion des personnes physiques permettra aux bénévoles de s’impliquer dans le projet sans être liés particulièrement à une structure adhérente. Cela permettra aussi, dans certains cas, de clarifier la position des personnes adhérentes de plusieurs adhérents de Gitoyen ...

Afin de lui permettre de démarrer son activité, les membres de l’association lui fourniront, sous forme d’avance, l’apport de trésorerie nécessaire à son fonctionnement. Ces avances devraient être remboursées rapidement, normalement dans l’année, et l’association disposera alors d’un fond de roulement lui permettant de payer ses fournisseurs sans retard et d’engager au moment nécessaire les dépenses courantes nécessaires à la poursuite de l’activité (en particulier l’entretien du matériel).

Avec son autonomie financière, un lien plus souple avec les personnes morales adhérentes et une véritable place accordée aux bénévoles, nous espérons que Gitoyen sera en capacité de développer son activité avec une vision plus large et des objectifs à long terme, pour des structures plus nombreuses tout en conservant sa caractéristique essentielle : l’indépendance.

Un outil pour fabriquer de l’internet

L’objet de l’association a évolué par rapport à celui du GIE et donne une nouvelle direction à la structure : « Favoriser l’émergence et l’existence de petits opérateurs réseau, en particulier dans l’optique d’acentrer l’internet. » Nous disposons pour ceci d’une structure où il est possible d’apprendre à construire des réseaux de télécommunication et de tous les services indispensables à un opérateur réseau. Chaque membres pourra ainsi, en fonction de ses besoins et ses envies, apprendre et construire au sein de l’association.

Un (re)démarrage en 2012

Le projet associatif est aujourd’hui suffisamment avancé pour que nous soyons en capacité de réaliser le basculement du GIE vers l’association au premier janvier prochain. La majorité des structures membres a déjà donné son accord et nous espérons que celles qui ne l’ont pas encore fait donneront aussi le leur. D’autre part nous allons très vite accueillir de nouveaux membres, aussi bien individuels qu’associatifs, n’hésitez pas à nous contacter pour nous rencontrer et peut-être adhérer à l’association.